Politique : Situation du pays, dialogue national, mouvement RAFETAL, choix Amadou BA, Conseil Constitutionnel, Entretien exclusif avec Assane SOW, président du mouvement RAFETAL

Invité de la rédaction de la Ladepeche TV de ce samedi 24 février, Assane SOW, président du mouvement RAFETAL, par ailleurs ingénieur hydraulicien, spécialiste en gestion de projet, ancien adjoint au maire de la commune de Thiès Nord, s’est entretenu pendant plus d’une demie heure sur les questions d’actualité entre autres, la situation politique tendue du pays, le choix de la date de l’élection présidentielle, le dialogue national initié par le président de la république mais également du mouvement RAFETAL et de son éventuel apport pour Benno Bokk Yakaar pour la prochaine élection présidentielle. Entretien…

Pourquoi Avez-vous choisi de donner à votre mouvement le nom RAFETAL ?

C’est une question importante que l’on me pose très souvent. Le mot RAFETAL est un substantif wolof que partage beaucoup de culture et même toutes les religions. Ce qui fait du Sénégal le havre de paix qu’il est, c’est que tout le monde aime faire du bien et à montrer la meilleure image de lui. Comme j’ai l’habitude de dire, les valeurs du Sénégal, les valeurs Africaines fondamentales m’intéressent, c’est pour cela que j’ai baptisé le mouvement RAFETAL. A mon avis, la culture Sénégalaise renferme beaucoup de belles valeurs que nous avons hélas tendance à perdre de plus en plus. L’inspiration du nom RAFETAL est aussi venu des valeurs que j’incarne dont j’ai hérité de mon ancien mentor feu Djibo Leity KA, président de l’Union pour le Renouveau Démocratique avec qui j’ai passé toute ma jeunesse et qui m’a inculqué les valeurs d’éthique, de transparence et de liberté sans quoi on ne peut pas parler de politique. Parce que j’incarne également le panafricanisme, le mouvement RAFETAL signifie, parti pour le Renouveau Africain pour la Fraternité l’Ethique, la Transparence pour l’autosuffisance et la Liberté. Un nom qui en dit beaucoup sur l’intérêt, les objectifs et la dimension politique et sociale du mouvement.

Vous avez parlé de Djibo Ka qui est votre mentor avec qui vous avez beaucoup appris, mais aujourd’hui si on observe, le landerneau politique est envahi par les technocrates. La nouvelle génération veut se départir de l’ancienne classe politique, est-ce l’origine de toutes ces dérives que nous constatons actuellement au Sénégal ?

La ruée des jeunes dans la politique ne justifie point ce qui se passe dans l’espace politique à mon avis. La responsabilité engage les acteurs politiques au sommet et les responsables des partis politiques parce que quand je regarde dans le rétroviseur ce que Djibo Ka nous apprenait et dans ses actions, on remarquait nettement la formation des jeunes pour assurer la relève, il anticipait et former les jeunes sur les valeurs de l’Etat, pour inculquer aux jeunes que l’Etat est au-dessus de tout. On peut avoir des divergences politiques mais l’intérêt général doit toujours être l’objectif principal. Par conséquent, je lance un appel à tous les partis politiques pour le retour des écoles des partis politiques seul espace pour former des militants et les jeunes sur la quintessence de la politique qui n’est aucunement des échanges houleux ou des mutineries mais des débats d’idées. Nous sommes malheureux de constater que ce sont les responsables qui sont à la tête des partis qui sont les précurseurs de ces violences, c’est pourquoi nous lançons un appel aux jeunes et aux femmes à apprendre la politique et ne pas brûler les étapes pour que demain s’ils héritent de postes de responsabilité qu’ils puissent servir le pays à bon escient.

Au niveau du mouvement RAFETAL vous avez décidé de soutenir Benno Bokk Yakaar avec son candidat Amadou BA pourquoi ce choix ? Ne trouvez-vous pas cela risqué ?

Comme je vous l’ai dit, nous avons été dans le Benno Bokk Yakaar avec notre mentor Djibo Leity KA. On a accompagné le président Macky SALL, dans le cadre de l’Union pour le Renouveau Démocratique URD, alors ce n’est pas parce qu’il n’est plus parmi nous et que la situation se présente un peu tendue que nous allons décider de quitter le navire, ce n’est pas responsable, ni courageux. Les politiciens doivent assumer leur responsabilité face aux situations qui se présentent à eux. Notre choix à nous est d’accompagner le Benno Bokk Yakaar et tout ce qui adviendra nous en assumerons la responsabilité mais rien ne justifie que subitement l’on quitte la coalition.

Mais monsieur SOW à vous entendre parler on sent que vous avez fait de votre parti une religion mais nous voyons de nos jours que les gens changent de parti comme ils changent de veste, Est-ce que telle doit être la règle si l’on pense qu’un homme doit faire la politique par conviction surtout avec les courants de pensées qui existe ?

Oui effectivement, l’origine du problème c’est que, les gens ne distinguent plus les courants de pensée. Mais nous, au sein de notre mouvement, ce qui nous intéressent le plus ce sont les valeurs africaines et Sénégalaises qui nous unissent, on doit se retrouver sur l’essentiel. Quand nous faisons de la politique, nous devons faire exclusivement des intérêts du Sénégal une priorité. Nous devons mettre en avant l’intérêt des jeunes et des femmes, celui de la population de façon global afin de pourvoir faire un choix judicieux sur le potentiel candidat, dont le profil donne plus de chance et de relation pour diriger ce pays et que l’épanouissement des Sénégalais puissent se concrétiser davantage. Si vous voyez Macky SALL qui est libéral, malgré les réalisations infrastructurelles, il a beaucoup fait sur le plan social avec la carte d’égalité des chances, les bourses de sécurité familiale entre autres qui peuvent témoigner que l’on ne peut pas diriger ce pays en étant figé dans un seul courant idéologique.

Parlons maintenant de cette crise institutionnelle qui sévit dans le pays, qui oppose les trois pouvoirs, avec cette plainte des députés du PDS visant deux juges constitutionnels qu’ils accusent de corruption, alors comment avez-vous accueilli tout ça ?

Oui ! d’abord, honnêtement j’ai eu trop mal quand j’ai lu le décret du président abrogeant le décret convoquant le corps électoral. Je n’avais rien compris et je n’étais pas d’accord que l’on arrête le processus, mais cette analyse je la fais avec le niveau d’information que j’ai, par contre, un président de la république il est au-dessus de tout ça, il est plus informé et renseigné que tout le monde. Quand le conseil constitutionnel a cassé le projet de loi visant le renvoi de l’élection présidentielle, j’ai dit « alhamdoulilah » (Dieu merci) puisque je voyais en cela un véritable acte de démocratie, pour la première fois en Afrique un conseil constitutionnel annule un décret présidentiel ou casse une loi parlementaire et j’ai applaudit des deux mains par rapport à l’image de démocratie que renvoyait le Sénégal. Par contre, avec l’évolution des informations on a compris pourquoi le pays est dans cette impasse. N’oublions pas que c’est l’opposition qui a demandé le report s’appuyant sur « un fichier électoral biaisé » allant même jusqu’à saisir l’union Européenne et la CEDEAO pour le report et l’organisation d’une élection démocratique et transparente, mais après la publication de la liste des candidats par le conseil constitutionnel, nous avons constaté beaucoup de manquements notamment la validation de la candidature de Rose Wardini et l’invalidation de la candidature de Karim Wade, toutes les deux pour une question de double nationalité. Ce qui relève d’une faute grave et d’une impartialité, et pire les accusations portées à l’endroit du conseil constitutionnel doivent être élucidée car le prochain président doit faire son serment devant ce même conseil constitutionnel alors comment peut-on jurer devant un conseil constitutionnel corrompu ? Les députés de Wallu ont également porté des accusations sur la personne du premier ministre Amadou BA mais, puisque rien n’est encore élucidé, nous préférons nous référer à notre leader qui nous a appris en pareille situation d’adopter une position d’impartialité et d’accorder le bénéfice du doute jusqu’à ce que la lumière soit faite et là, on pourra prendre position. Raison pour laquelle nous saluons le choix de Macky d’accepter la décision du conseil constitutionnel et d’avoir renouvelé sa confiance à Amadou Ba, ce qui justifie qu’il n’est pas dans les débats de bas étages.

Alors comment analysez-vous l’entêtement des 16 candidats retenus qui lors d’un point de presse ont rejeté l’appel au dialogue du chef de l’Etat Macky SALL ? Est-ce qu’on ne pourrait pas assister à de nouvelles manifestations si à l’issue du dialogue on décide de reprendre tout le processus électoral ?

Je ne peux pas me permettre de leur donner des conseils, ce sont des personnes matures, et le groupe est composé de hautes autorités et des personnalités qui ont occupé de hautes fonctions au sein de la République, ce sont des personnes que je respecte, mais ma pensée est que, chacun d’entre nous à commencer par ma personne, tout le Benno Bokk Yakaar et l’opposition, nous devons oublier nos propres personnes pour capitaliser tous les dégâts avec le lot de morts que le pays a enregistré depuis 2021. Le pays pleure toujours ses fils alors n’essayons pas d’embraser le Sénégal et essayons de nous retrouver autour de la table de négociation. Négocier ne veut certes pas dire trouver un accord mais au moins cela pourra permettre de se retrouver autour de l’essentiel. Et si un accord n’est pas trouvé nous pourrons saisir le conseil constitutionnel qui pourra aviser et à partir de ce moment chacun saura à quoi s’en tenir, mais au moins sauvons ce pays-là en commençant par des concertations pour ne pas perdre tous les acquis.

Il y’a un vent de décrispation, avec la libération de plusieurs détenus « dits politiques », mais apparemment l’opposition ne semble toujours pas être rassasiée malgré les efforts consentis par le chef de l’Etat, elle les juge toujours insuffisantes. Alors comment percevez-vous cette pression de l’opposition sur le président ?

Si vous voulez ma position personnelle sur ce sujet, on peut saluer la décrispation pour le bien de tous et le mouvement RAFETAL ne souhaite la prison à personne. Mais on ne peut pas vivre les situations de mars 2021 et celle de juin 2023 et ne pas situer les responsabilités. Il devait y avoir un jugement et le ce qui n’ont rien fait peuvent repartir chez eux mais ce qui ont été les commanditaires devraient payer. On a vu ce qui s’est passé en Afrique du Sud, l’apartheid était pire, mais ils ont jugé les coupables et les habitants ont pardonné ce qui a permis la réconciliation. Au Sénégal, avec les manifestations, on a frôlé l’insurrection, Il y’a eu des commerces brûlés, des infrastructures vendangées, les activités du pays paralysées pendant des jours ce qui a coûté à l’Etat des milliards de francs.  Je pense qu’il faudrait d’abord que les responsabilités soient situées, même si nous sommes d’accords qu’il faudrait travailler à sortir de cette crise et toute idée pour y parvenir serait la bienvenue.

Nous sommes au terme de notre entretien, alors monsieur SOW si vous aviez un conseil à prodiguer au président Macky SALL pour une sortie de crise, qu’est-ce que cela allait être ?

Je pense que le président Macky Sall est la personne la mieux entourée, et a un staff composé d’imminents hommes d’Etat qui ont l’expérience nécessaire pour mener le pays à bon port. Je lui souhaite qu’il termine son mandat dans le calme et la quiétude afin de faire une passation de pouvoir apaisée comme il le souhaite. Je prie également pour une élection calme et libre et transparente. Tout en remerciant tous les membres du mouvement RAFETAL, j’appelle tous les Sénégalais d’ici et d’ailleurs à venir adhérer massivement au mouvement pour travailler avec nous à construire le Sénégal de nos rêves…

Entretien réalisé par Aïda Fall  et Mouhamed Jr DIOP

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